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L'ordre de redémarrage, ce livrable oublié

Le problème

Une organisation restaure ses machines virtuelles dans l'ordre de leur criticité métier. L'application la plus critique démarre en premier — et échoue, parce que l'annuaire d'authentification n'est pas encore là, que le serveur de noms ne répond pas et que la base de données référentielle n'a pas fini sa restauration.

L'ordre de redémarrage n'est pas l'ordre de criticité. C'est l'ordre des dépendances techniques, qui commence toujours par des composants dont personne ne parle en comité.

Les cinq vagues

VagueContenuRemarque
0 — SocleRéseau, DNS, NTP, annuaire, PKI, gestion des secretsSans horloge synchronisée, l'authentification échoue
1 — PlateformesHyperviseurs, stockage, sauvegarde, supervisionLa sauvegarde doit être disponible avant toute restauration
2 — DonnéesBases, référentiels, files de messagesCohérence inter-bases à vérifier ici
3 — Applications critiquesServices soutenant les activités prioritairesDans l'ordre issu du BIA
4 — ResteApplications différablesPeut attendre plusieurs jours

La vague 0 est celle qui provoque le plus d'échecs en exercice. Le NTP en particulier : une dérive d'horloge de quelques minutes invalide les jetons d'authentification et fait échouer toute la chaîne, pour une cause que personne ne cherche en priorité.

Le format du livrable

Une liste ordonnée avec, pour chaque élément : le rang, le nom du système, le responsable, la durée estimée, la durée constatée lors du dernier test, et le critère de vérification avant de passer au suivant.

Le critère de vérification est l'élément clé. « Base démarrée » ne suffit pas ; « une requête de contrôle retourne le nombre de lignes attendu » est vérifiable.

Ce que le test révèle

Un test de restauration complet révèle presque toujours trois choses :

  1. Une dépendance non documentée — typiquement un service technique dont plus personne ne connaît la fonction ;
  2. Un identifiant ou un certificat expiré, inutilisable parce qu'il n'a jamais été renouvelé dans l'environnement de secours ;
  3. Un écart entre la durée estimée et la durée réelle, généralement d'un facteur deux à trois.

Ces trois constats justifient à eux seuls le coût du test annuel.

À retenir

  • Un service ne redémarre pas seul : il dépend d'une chaîne d'amorçage
  • Les services d'infrastructure passent toujours en premier
  • L'ordre se teste, sinon il est théorique