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Les habilitations en mode dégradé

Le blocage le plus fréquent

Dans les tests de reprise mesurés, la première cause d’arrêt n’est presque jamais le matériel. C’est l’accès : un mot de passe d’administration expiré, un jeton d’authentification à plusieurs facteurs lié à un téléphone resté au bureau, une habilitation applicative que seule la production sait délivrer.

Ces blocages ne se voient pas en exploitation normale, parce que les accès y sont accordés en continu.

Les quatre accès à préparer

L’accès à l’infrastructure de secours. Console, hyperviseur, stockage. Avec des comptes distincts de ceux de production, puisque le scénario de compromission suppose que ces derniers sont inutilisables.

L’accès à la sauvegarde. Le plus critique, et le plus souvent circulaire : la console de sauvegarde authentifie contre l’annuaire de production.

L’accès physique. Badges, codes, clés du site de secours. Un badge désactivé parce que le titulaire a changé de poste bloque l’arrivée sur site à 3 heures du matin.

L’accès aux tiers. Portails fournisseurs, lignes de support, certificats clients déclarés chez des partenaires. Ces accès sont nominatifs et suivent les personnes, pas les rôles.

Les comptes de secours

Ils existent, ils sont consignés physiquement hors du système d’information, et leur usage est détectable. Trois règles :

  1. Mise sous séquestre : enveloppe scellée, coffre, ou coffre-fort numérique indépendant du domaine.
  2. Rotation périodique avec traçabilité de la personne qui a procédé.
  3. Alerte à l’usage : tout accès avec un compte de secours en dehors d’une crise déclarée est un incident à investiguer.

L’accès d’exception pendant la crise

La mesure A.5.29 d’ISO/IEC 27001 interdit de désactiver les contrôles pendant une perturbation. La procédure de crise doit donc prévoir des accès d’exception tracés, limités dans le temps et révoqués automatiquement, plutôt qu’une suspension des règles.

Concrètement : un rôle temporaire à durée de vie de quatre heures, accordé par une personne distincte du bénéficiaire, journalisé, et revu au retour à la normale.

À retenir

  • Une reprise bloque plus souvent sur un accès que sur un serveur
  • Les comptes de secours doivent être consignés hors du système d’information
  • Un accès d’exception doit être tracé, limité dans le temps et révoqué automatiquement