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Tolérance d'impact : le plafond, pas la cible

Deux chiffres, deux logiques

Le RTO est un engagement interne : « nous remettrons ce système en service en quatre heures ».

La tolérance d'impact est une limite externe : « au-delà de six heures d'interruption de ce service, le préjudice causé à nos clients et au marché devient intolérable ».

Le RTO regarde vers l'intérieur de l'organisation. La tolérance regarde vers l'extérieur. Il en découle trois conséquences pratiques.

Première conséquence. La tolérance se fixe sans considération de faisabilité. On ne demande pas « en combien de temps pouvons-nous redémarrer ? » mais « à partir de quand cela devient-il inacceptable ? ». Si l'écart entre les deux est béant, c'est une information stratégique, pas un problème de méthode.

Deuxième conséquence. Une organisation peut respecter tous ses RTO et dépasser sa tolérance. Il suffit que la chaîne comporte cinq maillons de quatre heures chacun.

Troisième conséquence. La tolérance s'exprime du point de vue du client. Un service peut être techniquement rétabli et rester indisponible pour le client, parce que la file d'attente accumulée met huit heures à se résorber.

Comment fixer une tolérance

Quatre questions, posées au conseil :

  1. Combien de clients sont affectés, et parmi eux combien sont vulnérables ou sans alternative ?
  2. Quel préjudice concret subissent-ils : perte financière directe, impossibilité d'accéder à leurs fonds, retard de soin, rupture d'approvisionnement ?
  3. À partir de quelle durée ce préjudice devient-il irréversible ou disproportionné ?
  4. Quel effet sur le marché ou sur la confiance dans le secteur si la situation se prolonge ?

La réponse se formule en temps : « 24 heures », « 4 heures en période d'échéance fiscale ». Elle est approuvée par le conseil, documentée, et révisée annuellement.

L'unité peut ne pas être le temps

Pour certains services, la durée n'est pas la bonne métrique. Un service de paiement peut tolérer une indisponibilité de deux heures mais aucune erreur de montant. La tolérance se formule alors en volume, en taux d'erreur ou en nombre de clients affectés.

La règle : la tolérance s'exprime dans l'unité qui capte le préjudice réel, pas dans celle qui est la plus facile à mesurer.

À retenir

  • La tolérance mesure le préjudice au client, le RTO mesure la reprise interne
  • Elle se fixe au niveau du conseil et se teste, elle ne se négocie pas
  • Une tolérance jamais dépassée en test est une tolérance trop large