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Les trois niveaux : stratégique, tactique, opérationnel

Pourquoi le BIA s'enlise

Le scénario est toujours le même. On envoie un questionnaire à tous les responsables de processus, on récolte cent vingt réponses, chacune affirme que son processus est critique, et l'exercice se termine six mois plus tard sur un tableau inexploitable.

La cause est une erreur de séquence : on a commencé par le bas.

La séquence qui fonctionne

ISO/TS 22317 décrit trois niveaux successifs. L'ordre n'est pas indicatif, il est structurant.

Niveau 1 — BIA stratégique

Question posée : quels produits et services l'organisation doit-elle absolument continuer à fournir, et dans quel ordre ?

Interlocuteur : comité exécutif, deux heures d'atelier.

Livrable : une liste ordonnée de cinq à quinze produits et services, avec pour chacun un MTPD indicatif.

C'est le niveau où se prennent les arbitrages douloureux — et c'est précisément pour cela qu'il doit venir en premier. Une direction qui n'a jamais eu à classer ses propres produits découvre souvent à cette occasion qu'elle n'a pas de consensus interne.

Niveau 2 — BIA tactique

Question posée : quelles activités soutiennent chacun de ces produits, et lesquelles sont sur le chemin critique ?

Interlocuteur : responsables de département.

Livrable : la liste des activités rattachées à chaque produit prioritaire, avec les dépendances entre elles.

À ce niveau, les activités qui ne soutiennent aucun produit prioritaire sortent du périmètre. C'est ce filtre qui divise la charge de travail par trois.

Niveau 3 — BIA opérationnel

Question posée : de quelles ressources minimales chaque activité prioritaire a-t-elle besoin ?

Interlocuteur : responsables opérationnels des activités retenues uniquement.

Livrable : les ressources minimales — personnes, applications, locaux, données, fournisseurs — et les RTO techniques dérivés.

L'erreur symétrique

Il existe une erreur inverse, moins fréquente mais tout aussi coûteuse : s'arrêter au niveau stratégique. On obtient alors une liste de produits prioritaires que personne ne sait traduire en ressources, et donc aucun plan opérationnel.

Le niveau stratégique donne la direction, le niveau opérationnel donne la matière. Les deux sont nécessaires ; c'est le niveau tactique qui les relie.

À retenir

  • Commencer par les produits et services, jamais par les processus
  • Chaque niveau a son interlocuteur et son livrable
  • Descendre au niveau opérationnel seulement là où c'est utile